Invité de Bip Radio ce dimanche 3 mai 2026, l’ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin, Théodore Holo, s’est exprimé sur les débats entourant l’interprétation de l’article 53 de la Constitution, relatif à la prestation de serment du chef de l’État.
Une distinction entre « recevoir » et « assister »
Au cœur de son analyse, Théodore Holo insiste sur une nuance essentielle du texte constitutionnel : le serment est « reçu par » le président de la Cour constitutionnelle, et non par l’ensemble des membres de l’institution. Selon lui, cette formulation établit clairement une hiérarchie des rôles.
Il explique également la différence entre les termes « par » et « devant », qui renvoient, d’après lui, à des fonctions distinctes. Le président de la Cour constitutionnelle détient ainsi la compétence exclusive pour recevoir le serment, tandis que les autres acteurs mentionnés interviennent davantage dans le cadre protocolaire de la cérémonie.
Une interprétation non restrictive
Pour appuyer son argumentation, l’ancien président de la haute juridiction compare la prestation de serment à une cérémonie de mariage ou de dot, dont la validité ne dépend pas de la présence de tous les participants.
À ses yeux, l’absence de certains acteurs ne saurait automatiquement invalider la prestation de serment. Il rejette donc toute lecture rigide de l’article 53 qui imposerait un quorum strict.
Un appel à la rigueur dans l’interprétation
À travers cette prise de position, Théodore Holo plaide pour une lecture attentive et nuancée de la Constitution. Il met en garde contre des interprétations extensives susceptibles de rigidifier inutilement le fonctionnement des institutions.
Ce débat intervient à quelques semaines de la prestation de serment du président élu, prévue le 24 mai 2026, dans un contexte où les questions juridiques et protocolaires suscitent une attention particulière.
François D’Assise BATCHOLA



