(Découvrez les coulisses du Prix du Grand-Maître)
Deux ans après son institution par la loi-cadre sur les ordres nationaux, le Prix du Grand-Maître des ordres entre enfin dans une phase opérationnelle. Le président de la République, Romuald Wadagni, a signé le décret n° 2026-407, fixant les modalités d’attribution de cette prestigieuse distinction destinée aux jeunes Béninois de moins de trente ans. Désormais doté d’un cadre juridique clair et précis, le prix se dote de critères de sélection rigoureux, d’un jury dédié et d’un rôle central confié à la Grande Chancellerie.
L’adoption de ce décret d’application, attendue depuis l’instauration de la distinction par la loi précédente, vient combler un vide procédural. Le texte restreint l’accès à ce prix spécial aux seuls citoyens béninois âgés de moins de trente ans, sans toutefois limiter la compétition aux seules performances scolaires ou universitaires. Une ouverture qui traduit la volonté de valoriser l’ensemble des talents, qu’ils émergent sur les bancs de l’école ou sur le terrain de l’entreprise.
Selon l’article 3 du décret, la compétition s’articule autour de deux volets distincts et complémentaires. Le volet académique récompense l’excellence dans le parcours scolaire et universitaire, tandis que le volet professionnel met à l’honneur la compétence en milieu professionnel, exigeant des candidats une démonstration de bonne gouvernance. Transparence, prise de décision inclusive et respect des pratiques responsables figurent parmi les critères retenus, dans le but de promouvoir l’éthique et la probité chez les jeunes cadres et entrepreneurs béninois. Une manière de former, par la reconnaissance, une génération de leaders exemplaires.
L’évaluation des candidatures est confiée à un jury national de sept membres, nommés par décret présidentiel sur proposition du Vice-Président de la République. Ce jury, à la composition hybride, réunit cinq représentants institutionnels des ministères de l’Éducation, de la Jeunesse, de la Fonction publique, des Entreprises, ainsi que de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin. À ces voix institutionnelles s’ajoutent deux personnalités indépendantes, reconnues pour leur intégrité, dont l’une assurera la présidence du jury, garantissant ainsi l’impartialité des délibérations. Une condition supplémentaire : tous les jurés doivent être membres d’un ordre national, afin de préserver le sérieux et la solennité de l’institution.
Le déploiement opérationnel du dispositif revient à la Vice-Présidente de la République, Mariam Chabi Talata, en sa qualité de Grande Chancelière des ordres nationaux. Chaque année, la procédure s’enclenchera au deuxième trimestre avec la publication officielle d’un appel à candidatures. Les postulants disposeront alors de soixante jours pour constituer et soumettre un dossier complet comprenant une lettre de motivation, un curriculum vitae, des pièces justificatives et des lettres de recommandation. À l’issue de l’évaluation du jury, les prix seront remis de manière solennelle au dernier trimestre de l’année.
Le décret prévoit toutefois une souplesse notable. L’article 7 du cadre réglementaire autorise le chef de l’État à décerner le prix de manière exceptionnelle, en dehors du calendrier et des critères habituels. Une disposition qui permet au président de saluer, en temps réel, un acte héroïque ou un mérite national soudain, ajoutant une dimension d’urgence et d’humanité à cette distinction d’excellence.
Avec ce décret, le Bénin se dote d’un outil de reconnaissance des jeunes talents qui allie rigueur administrative et souplesse présidentielle. Une façon de célébrer l’excellence sous toutes ses formes, tout en inscrivant les valeurs d’intégrité et de transparence au cœur de la promotion des nouvelles générations.
Jean De Dieu TRINNOU



