Le créateur de contenu béninois Arsène Kplédo, connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « Molly et Billy », a comparu ce jeudi 23 avril 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Il est poursuivi pour escroquerie présumée par voie électronique et pour des publications liées à la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025.
Des propos controversés en pleine crise
À la barre, le prévenu a d’abord été interrogé sur un message publié sur Facebook au moment du putsch avorté. Il y affirmait notamment : « Un coup d’État qui n’a pas duré deux heures, je pense que c’est un coup monté pour nous distraire. »
Face à la Cour, Arsène Kplédo a expliqué avoir voulu « apaiser » sa communauté. Selon lui, ces propos ont été formulés sur la base d’informations recueillies dans les commentaires d’une publication le concernant. Il soutient également avoir supprimé le message quelques minutes après sa publication, évoquant une mauvaise interprétation de ses intentions.
Se défendant de toute implication politique, il a précisé que ses contenus portent essentiellement sur la vie de couple. Cette ligne de défense a été nuancée par le président de la Cour, qui a interrogé la portée réelle de ses propos dans un contexte aussi sensible. Le prévenu a reconnu que ses écrits pouvaient être perçus comme politiques, tout en maintenant son intention initiale.
Une affaire d’escroquerie en parallèle
L’audience s’est ensuite penchée sur les accusations d’escroquerie par voie électronique. Selon les faits exposés, un client aurait sollicité le prévenu pour la création d’un compte monétisé avant d’être bloqué après paiement.
Arsène Kplédo a rejeté ces accusations, affirmant que le client n’avait pas effectué de paiement. Il a également évoqué un dysfonctionnement technique de son numéro professionnel, niant toute volonté frauduleuse.
Interrogé sur ses activités numériques, il a expliqué utiliser deux lignes téléphoniques distinctes pour la gestion des commandes et des livraisons. Concernant la monétisation, il a reconnu utiliser un compte YouTube basé en Allemagne, précisant que le recours à un VPN se limitait à la connexion.
Des zones d’ombre sur certains comptes
La Cour a également soulevé des interrogations autour de deux comptes Facebook acquis par le prévenu. D’après les données analysées, ces comptes présenteraient des caractéristiques similaires à celles utilisées dans des opérations d’arnaque en ligne.
L’intéressé a fermement rejeté ces soupçons, affirmant n’avoir jamais été impliqué dans de telles pratiques.
À l’issue des débats, la juridiction a décidé de renvoyer le dossier au 4 juin 2026 pour la poursuite de l’examen de l’affaire.
François D’Assise BATCHOLA



