Le 03 juillet dernier à Lomé au Togo, Corinne Amori Brunet, ministre béninoise des Affaires étrangères, a vivement souligné l’impact du conflit au Moyen-Orient sur le continent africain. C’était lors de la réunion ministérielle extraordinaire de l’Alliance politique africaine.
A l’issue de cette rencontre consacrée à la question du conflit au Moyen-Orient et à ses répercussions sur le continent, la leader de la diplomatie béninoise a mis l’accent sur les répercussions économiques et sécuritaires qui touchent directement l’Afrique, appelant à une prise de conscience collective et à une implication active des États du continent.
Selon la ministre, les conséquences économiques pèsent aussi sur la sécurité en Afrique. La crise au Moyen-Orient n’est pas seulement régionale. Elle dérègle les approvisionnements, fait grimper les prix des matières premières et met en danger la stabilité de plusieurs pays africains vulnérables. Ces chocs affectent l’alimentation, l’énergie et la stabilité des États, et nourrissent les risques de conflits internes.
Suite à leurs différents échanges, la déclaration adoptée, d’ailleurs soutenue par plusieurs pays africains et islamiques, reflète cette préoccupation. Elle prône 3 axes majeurs :
- le renforcement de la souveraineté économique du continent africain ;
- un appel ferme à la préservation de la sécurité des routes maritimes internationales, essentielles pour le commerce africain ;
- la création d’un mécanisme de dialogue permanent entre l’Afrique et le Moyen-Orient.
« L’Afrique a son mot à dire », a rappelé la ministre Corinne Amori Brunet en soutenant que l’Afrique ne doit plus être considérée comme un simple spectateur. « Cette position rejoint celle d’experts comme Paul-Simon Handy de l’Institut d’études de sécurité, qui insiste que « les pays africains ont des solutions à proposer, mais pour cela, il faudrait que les belligérants veuillent les écouter ».
En réaffirmant la voix de l’Afrique, la ministre béninoise ouvre la voie à une nouvelle dynamique diplomatique. Face à un conflit dont les ondes de choc traversent les océans, Lomé a montré que le continent entend peser sur les équilibres mondiaux et défendre sa souveraineté économique et sécuritaire. Une prise de position qui pourrait marquer un tournant dans l’approche africaine des crises internationales.
Yédiya ALLOTCHEMEY



