(Contre les lobbies qui utilisent le nom du président Wadagni, le DG Sbee doit se fier aux textes et à la dynamique du chef de l’État.)
Il ne devrait y avoir ni confusion, ni de préséance de la Cour suprême sur la CRIET dans ce qu’on appelle désormais le dossier Promer. Et pour cause : il existe une nette différence entre l’arrêt n° 5/CA rendu le 15 avril 2026 par la Chambre administrative de la Cour suprême, dans le cadre du recours du 5 septembre 2025 enregistré sous le numéro 3115/BO, et le verdict de la CRIET relatif au projet Promer.
En effet, si le premier – l’arrêt n° 5/CA – a rejeté le recours d’une société contre une décision de l’ARMP concernant toujours le projet Promer, les condamnations prononcées par la CRIET à l’encontre de certains cadres de la Société Béninoise d’Énergie Électrique (SBEE) et même de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP) sont, quant à elles, on ne peut plus claires sur les magouilles et irrégularités constatées dans la procédure d’attribution des marchés afférents à ce même projet.
Dans ce même dossier, la CRIET a reconnu pénalement coupables plusieurs cadres de la SBEE. Ils ont été condamnés, pour la plupart, à cinq ans de prison ferme pour avoir commis des actes irréguliers dans l’attribution des marchés dans le cadre du Promer. Mais il aura suffi de cet arrêt n° 5/CA pour que des cadres condamnés, qui avaient échappé de justesse à la prison parce qu’ils n’étaient plus dans la salle au moment du délibéré, reprennent du service à la SBEE, et ce, en dépit du jugement de la CRIET. Pendant ce temps, leurs autres collègues croupissent en prison pour les mêmes faits, en application de la même décision. On croirait assister, dans ce cas de figure, à une justice à deux vitesses. Et cela se passe au Bénin, depuis l’ère du président Patrice Talon jusqu’à aujourd’hui, sous Romuald Wadagni.
Cette situation d’interprétation fantaisiste a mis le DG SBEE, Hippolyte Ebagnitchie, dans un grand embarras autour de ce projet. Alors que certains, qui ont intérêt à voir la magouille passer comme une lettre à la poste, utilisent le nom de l’actuel président et jouent sur la mauvaise juxtaposition de l’arrêt de la Cour suprême avec les condamnations prononcées par la CRIET, le DG SBEE, lui, veut rester lucide. Mais pour combien de temps encore ? Car le projet Promer est conçu au bénéfice des populations béninoises. Le retard artificiel orchestré pour imposer l’impossible dessert aussi bien les populations que le gouvernement en place. C’est une faute lourde de la Sbee que des cadres sur qui pèsent des condamnations viennent au travail en toute liberté comme des princes d’une cour royale. Cet arrêt n°5/ CA n’est pas une décision de cassation qui annule ou confirme une décision d’une juridiction inférieure. Appelons chat, chat et arrêtons cette juxtaposition complaisante.
C’est pourquoi l’arbitrage du chef de l’État est vivement souhaité afin d’aider le premier responsable de la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE) à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation, face aux lobbies d’influence qui tentent d’utiliser le nom du président Wadagni pour faire avaler une couleuvre éléphantesque à la SBEE.
Dossier à suivre !
Aboubakar TAKOU



