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Chronique

Tribune d’Eric TCHIAKPE : La guerre en Israël, la France doit-elle y voir  un piège ?

Deux semaines après les attaques terroristes du Hamas perpétrées contre Israël, lesquelles ont fait plus d’un millier de morts civils, côté Israélien, et la réplique non moins sauvage et sans discernement de Tsahal dont le bilan se chiffre également à plusieurs milliers de victimes essentiellement civils, la redéfinition du mot terroriste est en cours dans le monde, surtout chez les alliés des parties prenantes au conflit.

Sur le terrain des hostilités, chacune des parties a délibérément choisi de se défouler sur les populations civiles. Tirs de roquettes sur les habitats civils israéliens, prise d’otages contre le bombardement d’immeubles à Gaza. L’horreur est à son comble, mais le reste du monde en est à réfléchir de l’origine de l’œuf et de la poule. Sous les décombres, on a rarement compté autant d’enfants, de femmes et de vieillards surpris dans leur sommeil ou dans leurs activités. Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, les sillons se creusent entre pros palestiniens et pros israéliens. En France, pays où l’on compte la plus forte communauté de Juifs après les Etats Unis et Israël, le débat a pris une autre tournure et fait ressurgir les vieux clivages internes, les démons de la division dansent. On sent bien que la posture officielle de la France est en opposition avec une partie non-négligeable de sa population. Le débat des amalgames est vite enfourné et il est formellement interdit de faire des nuances, sur certains plateaux télé et radio, compatir aux douleurs des palestiniens est devenu anathème. S’y prêter équivaut à courir un 100 mètres plats sur un champ de mines antipersonnels. Jean Luc Mélenchon, s’y est essayé, quelques autres aussi en ont fait l’amère expérience, avec tous la particularité de se faire houspiller simplement parce qu’ils voient les choses autrement que de façon manichéenne. Les personnalités publiques qui se sont aventurées à cet exercice ont vite compris le piège. La dernière personnalité à en avoir fait les frais, est le footballeur international français, Karim Benzéma, ballon d’or 2022. Un tweet pour soutenir les femmes et les enfants de Gaza et c’est le ministre de l’Intérieur lui-même qui met le feu aux poudres. L’accusant avec une désinvolture assumée de collusion avec une organisation terroriste. Dans la foulée, une élue du peuple français propose que le joueur, anciennement, membre de l’équipe de France soit déchu de sa nationalité. On sent bien que l’affaire n’est pas simple et que le conflit Israélo-palestinien fait ressurgir les problèmes d’intégration en France.

Pour le coup, l’extrême droite généralement antisémite se voit opportunément pro juive, décidée à solder ses comptes avec la communauté musulmane qui par son nombre est la seconde religion en France après le christianisme. La gauche en déliquescence voit, quant à elle, une occasion en or de revenir au-devant de la scène en entonnant la défense des valeurs si chères à la France, patrie des droits de l’homme. Les autorités en place traitent les manifestations pro Israéliennes et pro palestiniennes de façons différentes, avec plus ou moins de rigueur selon que les manifestants soutiennent Israël ou la Palestine. Dans la foulée, les questions de retrait de titre de séjours pour des délits non pénalisés ont été évoquées par le porte-parole du gouvernement français. Pour ne rien arranger, plusieurs fausses alertes à l’attentat à la bombe ont été faites. Rendant définitivement anxiogène l’atmosphère. La France est touchée, elle l’est d’abord parce que certains de ses enfants qui se trouvaient sur le territoire israélien ont été pris en otage par le Hamas, on en signale d’ailleurs des morts. Elle l’est,  plus encore,  parce qu’en son sein, la majorité des citoyens est divisée et ne partage pas forcément la posture officielle qui est de soutenir sans condition Israël.

Eric TCHIAKPE- Ecrivain

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