Le Béninois Libéré
Image default
Moyen Orient

1995-2013 : le règne qui a changé le destin du Qatar

Le Qatar est en deuil. Le Diwan de l’émir a annoncé, ce dimanche 12 juillet, la disparition du cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, souverain du pays de 1995 à 2013, à l’âge de 74 ans. « C’est avec des cœurs résolus dans la foi en la volonté et au destin de Dieu que le Diwan de l’émir pleure la disparition de Son Altesse l’émir père, une grande perte pour la nation », a déclaré le bureau de l’émir dans un communiqué officiel.
Les autorités ont décrété un deuil officiel de plusieurs jours, avec fermeture des administrations et des institutions publiques, tandis que les drapeaux seront mis en berne. Une prière funéraire est prévue dimanche soir en l’honneur du défunt souverain.

Un coup d’État sans effusion de sang qui a changé le destin du Qatar
Cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani a marqué l’histoire de son pays dès son accession au pouvoir. En 1995, alors qu’il était prince héritier, il a déposé son père, le cheikh Khalifa, lors d’une révolution de palais sans effusion de sang, profitant d’un voyage de ce dernier en Suisse. Il héritait alors d’un petit émirat marginal aux caisses presque vides.
En l’espace de quelques années, il a réussi à jeter les bases d’un développement accéléré du Qatar, le transformant en l’un des plus grands producteurs de gaz naturel liquéfié au monde. Cette mutation économique fulgurante s’est appuyée sur la création de la Qatar Investment Authority, le fonds souverain chargé d’investir des milliards de dollars à l’étranger.

Un acteur incontournable de la scène politique arabe
Sous son règne, le Qatar s’est imposé comme un acteur majeur de l’échiquier régional et international. Fidèle allié des États-Unis, le cheikh Hamad a joué tour à tour les médiateurs, les bailleurs de fonds et les diplomates. Sa stratégie d’influence s’est notamment traduite par le lancement, en 1996, de la chaîne d’information internationale Al Jazeera, devenue l’un des principaux instruments de rayonnement du Qatar et qui a joué un rôle majeur lors des printemps arabes.
C’est également sous son règne que le Qatar a commencé à verser des centaines de millions de dollars à la bande de Gaza, finançant notamment des projets routiers le long du littoral. Un hôpital de la ville de Gaza porte aujourd’hui son nom.

Une abdication surprise et une retraite discrète
En 2013, le cheikh Hamad a créé la surprise en abdiquant volontairement en faveur de son quatrième fils, le cheikh Tamim, une décision rare dans un Moyen-Orient où les dirigeants se maintiennent souvent au pouvoir jusqu’à leur dernier souffle. Depuis son abdication, il était resté relativement discret, n’apparaissant que rarement en public.
Sur le plan intérieur, il avait introduit quelques réformes politiques, dont l’adoption par référendum en 2003 d’une Constitution prévoyant une séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, tout en maintenant le pouvoir exécutif entre les mains de l’émir et de son cabinet.

Un héritage immense pour un petit État du Golfe
Presqu’île du sud du Golfe, le Qatar est l’un des plus petits États arabes (11 437 km²), avec une population de 2,5 millions d’habitants, dont la plupart sont des étrangers. Gouverné par la famille Al-Thani depuis le milieu du XIXe siècle, il avait refusé d’intégrer la fédération des Émirats arabes unis lors de son indépendance en 1971, après 55 ans de protectorat britannique. L’ancien émir laisse derrière lui un pays radicalement transformé, devenu un acteur incontournable sur la scène mondiale.

Articles Similaires

Crise Iran-USA : Washington refuse de reculer malgré…

Akkilou YACOUBOU

Israël : Coup dur pour le gouvernement de Benyamin Netanyahu

Akkilou YACOUBOU

Une première historique au Royaume-Uni : Cherry Vann devient archevêque au Pays de Galles

Akkilou YACOUBOU

Laisser un commentaire

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Le Béninois Libéré

GRATUIT
VOIR