La justice béninoise a condamné, mardi 5 mai 2026, un infirmier à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir pratiqué un avortement clandestin ayant entraîné la mort d’une jeune femme. Le verdict a été rendu par le tribunal d’Abomey-Calavi, au terme d’un procès au cours duquel l’accusé a reconnu les faits.
Selon l’envoyé spécial de Libre Express, l’affaire remonte au 14 janvier 2023. Ce jour-là, le corps sans vie de la victime avait été retrouvé abandonné sur un dépotoir à Womey, dans la commune d’Abomey-Calavi. Une découverte macabre qui avait aussitôt conduit à l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Les investigations menées par les autorités ont permis d’identifier puis d’interpeller le mis en cause. Selon les éléments du dossier, l’infirmier aurait procédé, sans les qualifications requises, à une interruption volontaire de grossesse au domicile où il exerçait. L’intervention aurait tourné au drame après des injections administrées à la victime.
À la barre, le prévenu a reconnu sa responsabilité et expliqué que la jeune femme est décédée à la suite de l’opération pratiquée avec son consentement. Il a également admis avoir transporté le corps de la victime avant de l’abandonner sur un tas d’ordures non loin de son domicile.
Le ministère public, qui a rappelé que l’accusé avait reconnu les faits tout au long de la procédure, avait requis une peine de dix ans de réclusion criminelle pour avortement suivi de mort. Les proches de la victime n’ayant pas comparu à l’audience, le parquet avait demandé que les intérêts civils soient réservés.
Dans sa décision, le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet en condamnant l’infirmier à 12 ans de réclusion criminelle. La juridiction a également réservé les intérêts civils des ayants droit de la victime.
Déjà placé en détention préventive depuis 2023, le condamné retourne en prison pour purger le reste de sa peine, rapporte l’envoyé spécial de Libre Express.
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