(Wadagni devra tenir compte de la loyauté de ses anciens collègues envers son mentor pour agir)
Il n’y aura pas de « geckos » dans le nouveau gouvernement du président élu Romuald Wadagni. Dans son discours d’adieu au peuple béninois, le président Patrice Talon a été, on ne peut plus clair. S’adressant à son successeur, il a exprimé le souhait de voir la nouvelle équipe gouvernementale composée de jeunes.
Et lorsque le fin stratège qu’est Talon parle de jeunesse, il fait surtout allusion au changement, à l’arrivée de nouvelles figures et à un souffle nouveau dans la gouvernance.
Le chef de l’État a compris que ses ministres n’ont plus l’oreille attentive, encore moins la sensibilité nécessaire pour saisir l’élégance d’un tel message. Les postes ministériels étant trop juteux pour qu’ils acceptent l’évidence.
Dans une logique de responsabilité politique, tous auraient dû déposer une démission collective auprès du chef de l’État dès le lendemain de son discours d’adieu et consacrer les derniers jours du mandat à l’expédition des affaires courantes, en attendant la passation de charges et la mise en place du nouveau gouvernement.
Mais cette culture politique est loin d’être une réalité béninoise. Il va falloir que le nouveau président se serve d’un marteau masse pour les déboulonner. Car, ils ont enfoncé leurs tentacules à 72 mètres sous terre dans leur bureau et sont profondément convaincus qu’ils sont les seuls capables d’aider à la bonne gestion du pays. Tous les autres pour eux sont disqualifiés pour le job.
Cependant, il faut reconnaître que parmi eux, certains ont fait preuve de dignité. Ils avaient déjà dit au président Talon qu’ils partiraient avec lui. Certainement pour faire la place aux membres des deux listes que Abdoulaye Bio Tchané, Joseph Djogbénou ont funalisé à l’adresse du président élu afin qu’il choisisse ceux qualifiés pour faire le job à ses côtés. Mais ce n’est pas le rêve des actuels ministres. Eux veulent rester. N’en déplaise au sort des jeunes que les partis politiques ont designés. Leurs papilles gustatives s’imposent à eux. Ils n’ont du goût que pour les bonnes choses et veulent rester éternellement au beurre.
C’est pourquoi il est demandé au nouveau président de tenir compte d’un mot essentiel : la loyauté. La loyauté envers le président Talon. Tout ceux qui l’ont joué à l’image de Pierre en reniant le chef devront subir le sort de Pierre dans la formation du nouveau gouvernement. Ce serait, aux yeux de nombreux observateurs, une manière de rendre justice à cette jeunesse que le président Talon appelle de tous ses vœux à voir émerger dans la prochaine équipe gouvernementale. Chaque parti politique a déjà apprêté une liste d’une vingtaine de candidats à soumettre au nouveau président. Ce sera à lui de juger sous la ferule de son mentor pour choisir les meilleurs qu’il ajoutera à ses propres amis et les directeurs des officines de l’État qui l’ont convaincu par leur engagement pour le développement aux côtés du président Talon.
Aboubakar TAKOU



