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Politique

Guinée-Bissau : la junte accélère le calendrier et verrouille la transition (les détails)

La junte au pouvoir en Guinée-Bissau a fixé la date du référendum constitutionnel au 30 août. Cette révision de la Constitution intervient à cinq mois du scrutin présidentiel, également programmé par les militaires, qui est censé aboutir à une transition civile. Un calendrier serré qui suscite de vives inquiétudes parmi l’opposition et la société civile.

Si le nouveau texte n’a pas été rendu public dans sa totalité, les grandes lignes de cette réforme sont désormais connues. Les modifications touchent en grande majorité à la loi électorale. Le président pourra désormais nommer un Premier ministre sans qu’il soit issu d’une majorité parlementaire, transformant ainsi le pays en régime présidentiel, et non plus parlementaire. Autre nouveauté : la réduction du nombre de députés et l’inéligibilité des plus petits partis, un changement qui pourrait radicalement remodeler le paysage politique bissau-guinéen.

Dans la foulée du coup d’État qui avait interrompu le processus électoral, les militaires avaient fixé un nouveau scrutin présidentiel au 6 décembre. Ces élections, censées redonner le pouvoir aux civils, seront donc régies par le nouveau code électoral, qui n’a pas été rendu public et que l’opposition n’a pas pu consulter. Une situation qui alimente les craintes d’un scrutin verrouillé.

L’annonce de ce référendum intervient dans un contexte politique particulièrement morose. Les opposants sont harcelés, placés en résidence surveillée ou empêchés de quitter le territoire. Les sièges des partis politiques sont fermés sur l’ensemble du pays, les manifestations sont interdites et les conférences de presse « non autorisées » par la junte sont également prohibées. Un climat de répression qui assombrit les perspectives de transition démocratique.

Alors que l’actuel président et le Premier ministre ne peuvent pas se présenter, la question de la participation aux élections reste entière. Selon les informations du magazine Jeune Afrique, l’ancien président renversé, Umaro Sissoco Embalo, resté discret et silencieux depuis sa sortie du pays il y a un an, sera bien candidat au prochain scrutin. C’est lui qui, en direct, avait annoncé être « victime d’un coup d’État » après que les résultats provisoires le plaçaient en mauvaise posture face à son adversaire Fernando Dias. Son éventuel retour pourrait redessiner les équilibres politiques du pays.

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