À Cocotomey, dans la commune d’Abomey-Calavi, une affaire d’escroquerie impliquant deux membres d’une même association défraie la chronique judiciaire. Une femme est accusée d’avoir abusé de la confiance d’une veuve en multipliant les promesses commerciales et spirituelles sans jamais les honorer.
Selon les déclarations de la victime, relayées par Libre Express, la mise en cause s’est rapprochée d’elle après le décès de son mari, lui proposant de l’aider à vendre un stock de pagnes grâce à de prétendues relations dans des ministères béninois. Séduite par cette opportunité, la veuve lui a confié plusieurs tissus, dont des bazins et des Vlisco. Six mois plus tard, elle n’avait toujours reçu aucun retour financier.
Par la suite, la prévenue aurait entraîné la victime dans plusieurs projets fictifs. Elle lui aurait ainsi soutiré 195 000 F CFA pour une opération de revente de maïs, puis 555 000 F CFA pour un commerce d’huile rouge portant sur 40 bidons. Un autre projet lié à la vente de sodabi aurait également été évoqué, sans jamais aboutir.
L’affaire a pris une tournure encore plus troublante lorsque la suspecte a convaincu la victime de financer des « travaux spirituels », lui promettant des résultats inexistants. Après plusieurs mois d’absence, la présumée escroc est revenue vers sa victime pour solliciter un nouveau prêt de 20 000 F CFA. La veuve a alors alerté la police, qui a procédé à son interpellation à son domicile.
Placée en garde à vue puis présentée au procureur, la prévenue a été incarcérée avant de comparaître le 22 avril 2026 devant le tribunal d’Abomey-Calavi. À la barre, elle a reconnu les faits tout en contestant les montants avancés par la victime. Elle affirme avoir perçu des sommes inférieures pour les différents projets évoqués. La plaignante, constituée partie civile, réclame un total de 6 466 000 F CFA.
Le juge a souligné les incohérences entre les déclarations des deux parties et rappelé l’existence d’enregistrements vocaux versés au dossier. L’affaire a été renvoyée au 20 mai 2026 pour la suite de la procédure selon Libre Express.
Alassane IMOROU SANDA



