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Société

Comment adapter l’IA à nos besoins locaux et domestiques : LA RÉPONSE DE L’AUTEUR DE L’HUMAIN AUGMENTÉ

Reçu sur l’émission « Confidences dans le noir » de BL TV, Dr Bio Mikaila Toko Worou, expert international en intelligence artificielle et auteur de l’ouvrage » L’humain augmenté : ne subissez plus l’IA, apprenez à la maîtriser » et promoteur de la plateforme GDAI GenBI, lève le voile sur une question cruciale pour l’Afrique : comment mettre l’IA au service de nos réalités quotidiennes sans se faire dépasser.

Face à l’expansion fulgurante de l’intelligence artificielle, souvent perçue comme une menace ou une mode venue d’ailleurs, Dr Toko Worou prône une approche radicalement différente : celle de l’« humain augmenté ». Loin des discours anxiogènes, il compare l’IA à un cheval puissant mais sauvage, qu’il faut dompter pour qu’il danse au rythme de son cavalier.
« L’IA ne va pas voler nos emplois. Celui qui utilise l’IA sera plus fort que celui qui ne l’utilise pas. La compétition est entre humains, pas avec la machine. »

Un cheval à dompter, pas à subir

Pour le natif d’Ina (commune de Bemberekè), la clé est de passer du fait de subir à la maîtrise. L’IA n’est qu’un moteur, une puissance de calcul. C’est à l’humain de garder la décision, la responsabilité et la créativité.
« L’humain augmenté, c’est celui qui utilise la machine pour être plus productif, mais qui reste le directeur de la décision. La machine devient l’exécutant. On ne délègue pas son intelligence à l’IA, on utilise sa puissance pour se libérer des tâches futiles et se concentrer sur l’essentiel », explique-t-il.
Concrètement, pour adapter l’IA à nos besoins locaux (agriculture, santé, éducation, journalisme, création artistique), il ne s’agit pas de copier des modèles occidentaux, mais de nourrir l’IA avec nos propres données et de l’utiliser comme un assistant.
Prenons l’exemple d’un scénariste ou d’un journaliste : l’IA peut proposer une base, une trame, mais c’est l’expert local, connaissant son public, ses réalités et ses sensibilités, qui doit corriger, s’approprier et valider le résultat final.

Les trois peurs de l’expert et comment les éviter

En toute confidence, le Dr Toko Worou confie ce qui l’inquiète vraiment : non pas l’IA elle-même, mais l’usage que nous en faisons.

  1. L’IA « buzz » en entreprise : des projets lancés sans besoin réel, qui engloutissent des millions pour finalement ne servir à rien. Solution : L’IA doit répondre à un besoin précis, et non être une fin en soi.
  2. L’usage caché et non assumé : des employés ou citoyens qui utilisent ChatGPT avec des documents sensibles (parfois d’État) sans se poser de questions, provoquant des fuites de données. Solution : Former, sensibiliser, et assumer son usage.
  3. L’absence de gouvernance et de souveraineté : envoyer nos données à des serveurs étrangers sans contrôle. Solution : Développer des IA internes, souveraines, déployées localement.

GDAI GenBI : La plateforme pour des IA souveraines à la béninoise

C’est pour répondre à ces défis que l’expert a lancé la plateforme GDAI GenBI. Contrairement à ChatGPT qui est grand public, GDAI GenBI est conçue pour les États, les administrations et les entreprises. « C’est une IA décisionnelle que l’on déploie totalement au sein d’une structure, sur ses propres serveurs. Souveraineté totale, sécurité des données et simplicité. » Justifie-t-il.
L’avantage pour un pays comme le Bénin ? Le carburant de l’IA, c’est la donnée. Or, grâce à la vision du chef de l’État, le Bénin est déjà l’un des pays les plus digitalisés d’Afrique (e-services, Datacenter national).
« Aujourd’hui, la donnée existe. Il ne reste plus qu’à greffer l’IA dessus. La plateforme GDAI GenBI permet à chaque décideur, chaque ministère, d’avoir son propre outil d’aide à la décision, branché sur ses données internes, en une semaine. »

« J’ai pensé à mon pays »
Interrogé sur la source de son inspiration, Dr Toko Worou, visiblement ému, confie : « J’ai pensé à mon pays. Je suis fier d’être béninois. Avant, on avait un peu honte, mais depuis l’arrivée du président Talon, on est fiers. Quand je vois le programme Bénin 2060, j’ai versé des larmes. »
Son message est clair : l’IA n’est pas une fatalité venue d’ailleurs. Elle peut être une opportunité formidable si l’on se donne les moyens de la maîtriser localement.
« Je ne peux pas rester. Je dois apporter ma pierre à l’édifice avec mes compétences reconnues à l’international. Une IA puissante, mais concrète, simple et qui marche. Voilà ma réponse à nos besoins locaux. » A-t-il affirmé.
En clair, pour Dr Bio Mikaila Toko Worou, l’avenir n’appartient pas à l’IA toute seule, ni à l’humain seul, mais à l’humain augmenté – celui qui, ici au Bénin et en Afrique, décide de dompter la bête pour danser avec elle.

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