Invité de l’émission « Confidences dans le noir » animée par Aboubakar Takou ce vendredi 17 avril 2026, l’honorable Nazaire Sado, ancien questeur de l’Assemblée nationale et figure du Bloc Républicain (BR), est revenu sur les ressorts de la victoire écrasante du duo Wadagni-Talata. Entre le bilan de Patrice Talon et le profil technocratique du nouveau président élu, il livre une analyse sans concession.
Pour Nazaire Sado, le score de 94,27 % obtenu par Romuald Wadagni ne relève pas du hasard, mais d’une adhésion au bilan du président sortant. Selon lui, Patrice Talon a su transformer les critiques initiales en une reconnaissance populaire grâce à des réalisations concrètes. « Au début de son mandat, il a préparé le terrain… C’est après les trois premières années, après avoir construit, que c’est devenu intéressant. Il prend le temps de concevoir avant d’agir », a-t-il affirmé. Le député souligne également le geste historique de Patrice Talon qui, contrairement à d’autres dirigeants de la sous-région, a choisi de respecter la limitation des mandats. Ce retrait a, selon lui, « totalement crédibilisé le processus ».
Le choix de l’ancien ministre des Finances pour succéder à Patrice Talon a été perçu comme le gage d’une continuité d’excellence. Nazaire Sado décrit le président élu comme un homme ayant capitalisé dix ans d’expérience au sommet de l’État sans s’égarer dans les querelles politiciennes. « On peut qualifier le candidat élu d’une version très améliorée du président Talon… Il s’est concentré sur le travail pendant dix ans. Il ne s’est pas fait d’ennemis dans la classe politique parce qu’il était concentré sur le travail », a-t-il mentionné.
Cette ascension a été portée par un élan national, notamment dans les régions du Mono et du Couffo, historiquement jamais représentées à la magistrature suprême, où la mobilisation a été « extraordinaire ».
Pour Nazaire Sado, l’effervescence observée lors du scrutin n’est pas fortuite. Elle résulte d’une identification sans précédent de la nouvelle génération au profil du candidat élu. Selon lui, la jeunesse béninoise a vu en Romuald Wadagni un miroir de ses propres aspirations, ce qui explique le fort taux de participation. Cette adhésion s’est manifestée concrètement par une mobilisation intense des mouvements de jeunesse et des cercles de citoyens engagés. Le candidat n’a pas seulement séduit les jeunes, il a réussi l’exploit d’être « porté par la jeunesse et la vieillesse », soutenu tant par les mouvements de masse que par les grands éducateurs et professeurs d’université.
Le député a également expliqué que ce score massif de 94,27 % est aussi le fruit d’une « unanimité » rare dans le paysage politique. Il a confié : « Quand j’ai vu toute l’effervescence autour du candidat Wadagni, c’était vraiment écrasant. C’est bien qu’il soit reconnu par tout le monde ». Cette dynamique a été renforcée par le ralliement de figures inattendues, y compris au sein de l’opposition. Nazaire Sado cite notamment l’exemple symbolique du fils de l’ancien président Boni Yayi, qui a démissionné de ses fonctions au sein du parti Les Démocrates pour accompagner le candidat élu, y voyant un « jeune comme lui ».
Tout en saluant l’engouement populaire qui a porté le taux de participation à 63,57 % selon les chiffres officiels évoqués par la Cour constitutionnelle, l’honorable Sado a tenu à saluer le leadership de Paul Hounkpé. Malgré la déferlante Wadagni, le candidat de l’opposition a su capter 5,73 % des voix, une performance notable face à une mouvance qui a rallié jusqu’aux têtes de pont de l’opposition dite « dure ».
Nazaire Sado a adressé un message vibrant à la jeunesse béninoise, érigeant le parcours du nouveau président en modèle de réussite par l’effort. « La jeunesse a un repère, et ce repère, c’est le candidat élu Romuald Wadagni. Je voudrais inviter la jeunesse à travailler, à se donner un nom sur le plan professionnel, et puis après faire la politique », a-t-il martelé.
Interrogé sur les questions d’actualité judiciaire, l’honorable a également maintenu sa ligne de fermeté. Concernant l’arrestation de Kemi Seba, il estime que ce dernier doit être rapatrié pour répondre de ses actes devant la justice de son pays.
Jean De Dieu TRINNOU



