Le Bénin s’apprête à inscrire son nom sur la carte mondiale de l’art contemporain. L’Assemblée nationale a pris acte, vendredi dernier, de la convention de financement conclue entre le gouvernement béninois et l’Agence française de développement (AFD) pour la construction du futur Musée d’Art contemporain de Cotonou (MACC). Un projet d’envergure qui ne se limite pas à l’érection d’un bâtiment, mais qui ambitionne de faire de la culture un moteur économique à part entière.
D’un montant global de 30 millions d’euros, soit près de 19,7 milliards de francs CFA, ce financement comprend un prêt de 25 millions d’euros et une subvention de 5 millions d’euros. Une enveloppe conséquente qui témoigne de l’engagement des autorités à faire du MACC bien plus qu’un simple lieu d’exposition. « C’est un projet économique qui accompagnera les industries culturelles et créatives et générera des emplois, des activités urbaines et des revenus pour tout l’écosystème », a déclaré le ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yassine Latoundji, devant la représentation nationale.

L’accord validé par les députés ne se limite pas à la construction physique du bâtiment. Il englobe également une enveloppe dédiée au lancement, à l’ingénierie muséale et à la formation des compétences nationales. Un accent tout particulier sera mis sur le recrutement et la promotion des femmes dans les Industries culturelles et Créatives (ICC), un secteur en pleine ébullition sur le continent. Le gouvernement entend ainsi faire du MACC un levier de développement humain et économique, au service des artistes béninois et de la promotion de leur travail sur les marchés internationaux.

« Ce projet permettra au Bénin de renforcer son attractivité culturelle et de mieux promouvoir les artistes béninois sur les marchés internationaux », a souligné le ministre. L’AFD, à travers cet accord, ne se contente pas d’apporter des fonds. Elle prévoit également un accompagnement technique de long terme, portant sur l’ingénierie muséale, le fonctionnement de l’établissement et le développement des capacités des acteurs du secteur culturel.
La représentation nationale, tout en validant le projet, a formulé deux exigences majeures : le recours à la main-d’œuvre locale dans la réalisation des travaux, et un suivi rigoureux de l’exécution du projet. Des conditions qui visent à garantir que les retombées économiques du MACC profitent effectivement aux populations béninoises.
Avec ce projet, le Bénin ne se contente pas de construire un musée. Il jette les bases d’une industrie culturelle capable de générer des revenus, de créer des emplois et de faire rayonner son art bien au-delà de ses frontières.


