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Société

Domingos Simoes Pereira : Le coup d’État retourné contre l’opposition en Guinée-Bissau

GUINÉE-BISSAU : LE CHEF DE L’OPPOSITION ACCUSÉ DE PUTSCH PAR CEUX QUI L’ONT RENVERSÉ

Le chef de l’opposition et président du PAIGC, Domingos Simoes Pereira, a été entendu ce mercredi 8 juillet par le tribunal militaire supérieur de Bissau. Convoqué dans la matinée par une ordonnance judiciaire, il est accusé d’implication dans une tentative de coup d’État présumée en octobre 2025. Une affaire qui suscite de vives tensions à moins de cinq mois du scrutin présidentiel fixé par la junte.

Dans l’ordonnance de convocation, les juges militaires accusent Domingos Simoes Pereira d’avoir « financé la préparation logistique à hauteur de 300 millions de Francs CFA (environ 450 000 euros) » et d’avoir « organisé, chez lui, des réunions pour préparer le putsch ». Des accusations que la défense du chef du PAIGC rejette catégoriquement, dénonçant une procédure arbitraire visant à l’écarter définitivement de la vie politique.

Le ministère public a requis la mise en détention provisoire de l’opposant. Mais à l’issue de l’audience, Domingos Simoes Pereira a pu regagner son domicile, dans l’attente d’une décision du juge d’instruction. Son sort devrait être connu « dans les prochaines heures ou les prochains jours », a-t-on indiqué.

À la sortie de l’audience, les avocats du président du PAIGC ont vivement dénoncé le « manque d’impartialité » des magistrats militaires, contestant également la compétence de la justice militaire pour juger une affaire qui relèverait, selon eux, de la justice civile. Dans un communiqué publié ce mercredi, ils ont aussi dénoncé des pressions sur le juge initialement chargé du dossier, contraint de démissionner et remplacé par Mamadu Embaló, présenté comme un cousin de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Plusieurs proches de l’ex-chef de l’État occuperaient aujourd’hui des postes clés dans le pays.

L’opposition dénonce une connivence entre les militaires actuellement au pouvoir et l’ancien président. Selon elle, Umaro Sissoco Embaló, dont les résultats provisoires des élections de novembre 2025 lui étaient défavorables, aurait fomenté le coup d’État pour maintenir son camp au pouvoir et empêcher l’opposition de l’emporter. « Le seul but de cette procédure arbitraire est de condamner [Simoes Pereira] pour de nouveau l’empêcher de se présenter aux élections », dénonce sa défense.

Pour rappel, Domingos Simoes Pereira avait déjà été empêché de participer aux élections de novembre 2025, alors que l’ex-président Embaló était encore au pouvoir. Il avait été emprisonné dans la foulée, au lendemain du coup d’État, par les militaires putschistes. Ceux-là mêmes qui l’accusent aujourd’hui de participation à une tentative de putsch. Un paradoxe qui alimente les soupçons d’une machination politique, alors que le pays se prépare à un scrutin présidentiel le 6 décembre, censé rendre le pouvoir aux civils.

WM

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