Invité du troisième épisode de l’émission « Décris Le Bénin que tu aimes » sur Bénin TV, Me Edgard Kpatindé a livré une vision profonde et inspirante du pays qu’il porte dans son cœur. Ancien notaire assistant, conseiller spécial pour les affaires stratégiques auprès de plusieurs chefs d’État et décideurs, devenu avocat par passion pour le droit, l’égalité et la lutte contre les injustices, il a partagé sa conception des valeurs qui fondent notre vivre-ensemble.
Pour Me Kpatindé, le Bénin qu’il aime est un pays dont les valeurs — dialogue, réconciliation, résilience, foi et espoir — constituent l’essence même de notre cohésion nationale. « Le Bénin que j’aime, c’est le Bénin qui malgré tout porte mon cœur. C’est ce pays que je découvre à chaque fois que je reviens », a-t-il confié, rappelant que la beauté du Bénin réside dans sa capacité à se renouveler chaque jour.
Au cœur de son message : la nécessité impérieuse de la réconciliation. « Nous ne nous entendons pas, nous n’avons pas pris les mêmes chemins. La vie nous a séparés. Vous êtes devenu mon ennemi. Mais pour construire le pays, j’ai besoin de vous. Vous avez besoin de moi et on doit se réconcilier pour construire », a-t-il martelé. Une conviction forte : malgré les divergences, les séparations et les chemins différents, les Béninois ont besoin les uns des autres. « La construction durable d’un pays passe par la capacité à se réconcilier, à dialoguer et à avancer ensemble », a-t-il souligné.
Le Bénin qu’il aime, c’est aussi le Bénin de la résilience, un pays où les gens souffrent parfois mais gardent l’espoir. Il a évoqué la foi comme un remède à une maladie invisible, une source de mesure et d’humilité. « À partir du moment où on se confie à un être supérieur, qu’il soit Dieu, Allah, Veda ou le grand architecte, il y a de la mesure, il y a de l’humilité quelque part », a-t-il observé.
Avocat passionné, il a appelé chacun à l’introspection quotidienne : « Lorsque vous rentrez le soir chez vous et que vous ne vous regardez pas dans la glace en vous disant : quel acte positif ai-je posé aujourd’hui ? Qu’est-ce que j’ai apporté à l’autre aujourd’hui ? » Pour lui, la fraternité se construit dans les petites choses. « Le fait de rentrer dans un espace et qu’on vous dise bonjour avec le sourire, l’autre vous a déjà guéri de quelque chose », a-t-il rappelé.
Il a également déploré la perte des valeurs éducatives traditionnelles, évoquant l’époque où le voisin rappelait à l’ordre un jeune mal habillé. « Parce que vous portez un nom et partout vous passez, c’est le nom que vous vendez. Vous apportez une valeur positive à votre nom », a-t-il regretté, pointant du doigt la responsabilité des réseaux sociaux dans l’éclatement de ces repères.
Enfin, s’il avait une baguette magique, Me Kpatindé souhaiterait le retour de l’instruction civique dans le parcours familial et scolaire, l’intégration de la sécurité routière dès la maternelle, et un engagement collectif pour les espaces communs. « Ce n’est pas normal que les gens chez eux c’est propre, c’est nickel, mais lorsqu’il s’agit d’un espace commun, tout le monde s’en fout », a-t-il dénoncé.
« Le Bénin est un pays merveilleux, un pays qui surprendra toujours », a-t-il conclu, appelant à dépasser les divergences pour construire ensemble un Bénin uni et prospère.
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