Il y a des images qui valent plus que des discours. Ce samedi 1er août, dans la tribune officielle dressée face à l’esplanade de l’Amazone, deux anciens chefs de l’État, Boni Yayi et Patrice Talon, ont assisté côte à côte au défilé du 66ᵉ anniversaire de l’Indépendance. Cette scène rare, saluée par les observateurs comme par le public, aura donné à la première fête nationale du président Romuald Wadagni une profondeur symbolique inattendue : celle d’une République apaisée, réconciliée avec elle-même.
Pour beaucoup de spectateurs massés le long du boulevard de la Marina, ce tableau valait promesse. « Voir nos anciens présidents réunis, c’est le signe que le Bénin tourne une page. Le président Wadagni a réussi à ramener la sérénité. C’est un immense soulagement », confie, ému, Grégoire Houédanou, fonctionnaire à la retraite, qui n’avait plus assisté à un défilé depuis plusieurs années.
Le retour de Boni Yayi à cette commémoration, après une longue absence, aura particulièrement retenu l’attention. « C’est historique. On sent que le climat politique s’est détendu. Le chef de l’État a su tendre la main, et cela profite à toute la nation », analyse Véronique Ahissou, juriste, qui suivait la cérémonie depuis les gradins réservés au public.
Autre première de cette édition : la présence des nouveaux sénateurs, qui assistaient pour la toute première fois de l’histoire du pays au défilé national. « L’installation du Sénat, c’est un jalon institutionnel majeur, et les voir aujourd’hui à la Marina, c’est une belle image de notre démocratie qui s’enracine », se félicite Casimir Adjovi, avocat, présent dans l’assistance.
Mais si la dimension politique aura marqué les esprits, c’est bien la parade elle-même qui aura conquis les cœurs. Après le dépôt de gerbe au Monument aux Dévoués et la revue des troupes par le chef de l’État, salué par douze coups de canon, les trente-six pelotons pédestres et les quarante-sept véhicules ont défilé dans une synchronisation impeccable. « Quelle beauté ! Nos soldats étaient magnifiques, disciplinés, fiers. On sentait la puissance d’une armée républicaine », s’enthousiasme Bertille Codjo, enseignante venue de Calavi.
Le passage des composantes féminines des forces armées et de la Police républicaine a suscité une vague d’applaudissements. « Ces femmes en uniforme, c’est l’image d’un Bénin qui avance. Le président Wadagni incarne cette modernité », observe Nadège Falola, cadre bancaire.
Le détachement nigérian, invité d’honneur de cette édition, aura pour sa part soulevé une clameur unanime. Ses figures, exécutées aux côtés des troupes béninoises, ont symbolisé la solidité d’une alliance forgée face aux défis sécuritaires communs. « La coopération avec le Nigeria, c’est vital. Le président l’a compris, et ce défilé le montre à la face du monde. C’était superbe », se réjouit Ibrahim Yacoubou, commerçant venu de Malanville.
Autour des tribunes, la ferveur populaire aura constamment répondu à la solennité de la cérémonie. Dès l’aube, des dizaines de milliers de Cotonois avaient pris d’assaut les abords du boulevard, dans une marée humaine portée par les chants patriotiques et les fanfares. « C’est une fête pour tout le peuple. On célèbre notre pays, notre unité, notre président. L’ambiance est extraordinaire », lance, radieuse, Sabine Ahouansou, vendeuse au marché Ganhi.
Cette communion aura culminé dans les hommages rendus aux troupes engagées sur le front nord. « On applaudit nos héros. Ceux qui veillent sur nous, là-haut, dans le nord. Grâce à eux et à la vision du président, nous vivons en paix », témoigne, gravement, Antoine Gbédji, retraité.
En choisissant de placer sa première fête nationale sous le signe de la continuité institutionnelle et de la cohésion, le président Romuald Wadagni aura envoyé un signal clair : celui d’un Bénin uni, où les tensions d’hier cèdent la place à un climat de dialogue et de rassemblement. « On a assisté à un vrai moment d’unité nationale. Le président a réussi son pari », conclut Faustin Aïtchédji, sociologue, présent dans l’assistance.
Au terme d’une matinée mémorable, la Marina aura offert au pays le visage d’une République réconciliée, portée par une nouvelle dynamique et résolument tournée vers l’avenir partagé.
WM



